Il s'est acharné pour remporter le concours qui hisserait la plus belle coupole du monde sur le toit d'une ville sans nulle autre pareille. Dans la capitale de la Renaissance, on ne pourra pas dire qu'on n'a pas mis des bâtons dans les roues de Brunelleschi. Mais c'est peut-être aussi pour ça que Florence est si merveilleuse, parce que les artistes en voulaient. Encore un podium et une première place pour Florence dans le top 10.

 

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La perfection semble exister

 

Pourquoi N°1? La plus belle coupole du monde

Le plus beau point de vue sur lequel vous pouvez retomber à Florence, c'est bel et bien la coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore dans ses tons rouges qui s'éclaircissent au lever du soleil et que la blancheur du marbre de Carrare de la cathédrale tend à réhausser. Ce dôme si symbolique pour les Florentins avaient en dehors du souci de l'esthétique une fonction purement symbolique. Vue de loin car très haute, la coupole affichait la supprématie florentine aux yeux de ses ennemis. Nul besoin de rappeler qu'une oeuvre d'art est souvent une oeuvre politique. Bien que terminée au XVe siècle, l'idée d'un dôme pour couvrir la cathédrale datait de 1367 (peut être que la coupole du Panthéon et d'Aya Sofya y étaient pour quelque chose dans cette entreprise). On avait mis au point une association nommée la Fabrique du dôme de Florence composée de magistrats communaux ainsi que de l'évêque en attendant le messie, c'est-à-dire l'architecte capable d'exercer une telle prouesse. Il n'était d'ailleurs pas encore né. Ce qu'on souhaitait, c'était une coupole de 41 mètres de diamètre qui reposerait sur le tambour déjà construit et d'un poids estimé à 29 000 tonnes. On ne la voulait pas non plus totalement sphérique mais ogivale comme si elle poussait vers le ciel, ainsi Florence ferait communion avec le Créateur. C'est finalement après un âpre combat que Brunelleschi fut désifné comme l'élu et qui allait mettre au point des techniques qui allaient inspirer les plus grands par la suite dont Léonard de Vinci. En 1426, il est le seul à donner les ordres de sa construction qui allait s'achever 10 ans plus tard. Pour cela, il mit au point des cintres amovibles pour respecter les huit pans d'inclinaison de la coupole, une grande grue à contrepoids pour soulever les charges. Il inventa même des bateaux spéciaux pour faire venir les matériaux des différentes carrières. Tout était pensé pour s'adapter à l'avancement du chantier. Il faut donc imaginer une ville presque toujours en chantier qui aujourd'hui pourtant n'accepte plus les innovations artistiques. A final, c'est un beau dôme de 8 faces avec deux voutes, une intérieure, une extérieure, le vide permettant de circuler. Vous serez d'ailleurs impressionné par les peintures où on imagine les échaffaudages immenses qu'il a fallu pour peindre tout là haut les figures bibliques. Ces peintres de coupole, trop souvent oubliés au profit de l'architecte, méritent aussi qu'on leur tire notre chapeau. Par la suite, la lanterne viendra orner un peu plus ce majestueux édifice et l'orbe dorée qui la couronne a pour créateur ... Léonard de Vinci même s'il ne trouvera jamais sa place dans une cité d'artistes peu tolérante avec les nouveaux. Pour terminer, Brunelleschi était si fier du travail accompli qu'il se permit de ne pas payer sa cotisation à la corporation de l'Art des tailleurs de pierre, ce qui lui valu d'être jeté en prison sans que personne ne s'en émeuve. Il avait oublié une chose: à Florence comme dans les villes de la Renaissance, l'oeuvre est toujours admirée mais l'artiste n'est jamais lui à l'abri de la déchéance, quoiqu'il ait créé.

 

N'oublions pas les peintres