C'est dans une ambiance de terreur pour la monarchie anglaise que nous cloturons ce top sur le Londres royal en vous emmenant frémir, mais aussi vous éblouir, dans la tour de Londres.

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Pour la monarchie, la tour de la terreur

Au loin, dans le brouillard des immeubles et dans la continuité de la Tower bridge, la tour de Londres se fait menaçante alors qu'elle est pourtant aussi protectrice. Cet édifice d'une vingtaine de tours avec la White tower au premier plan a démarré selon la volonté du premier roi, Guillaume le Conquérant qui en a fait une forteresse. Mais d'autres fonctions allaient bientôt lui céder le pas. Arsenal, hôtel des monnais mais aussi ménagerie avant de la déplacer dans le zoo de Londres. Cela peut vous paraître cocasse mais les lions étaient non loin des prisonniers et les rois aimaient à les voir de battre à coup de griffe mortels. Toute une partie est d'ailleurs consacrée à la ménagerie rappelant que tous ces animaux au XIX e siècle étaient exotiques pour les Anglais, eux qui croyaient que les licornes et les dragons n'étaient pas une invention des livres et légendes.

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Nostalgie d'une ménagerie d'antan

Mais vous vous rendrez compte que la tour de Londres est à l'image de ses gardiens. Je ne parle pas ici des beefeaters en habit tudor mais bien des corbeaux qui s'ils s'enfuient, cela signifirait la chute de la monarchie anglaise. C'est pourquoi ces 6 oiseaux noirs engrossés sont chéris par Londres même si certains n'ont pas rempli leur devoir. Je pense notamment à Corbeau George réexpédié au zoo de Londres car il ne cessait d'aller poser ses pattes sur les antennes de télévision. Les malheurs n'ont cessé de se succéder et nombre de prisonniers y ont connu un destin funeste. Parmi les plus célèbres, les enfants d'Edouard IV dont on suppose plusieurs scénarios à leur mort et où on vous demande d'ailleurs votre avis quant au meurtrier probable; les victimes d'Henri VIII, c'est-à-dire deux de ses femmes Anne Boleyn et Catherine Howard jugées pour adultère mais également Thomas More, le grand humaniste qui refusa de rompre avec le catholicisme; Jane Grey, la reine de neuf jours morte très jeune et qui n'avait rien demandé; le dernier prisonnier de la tour dont on voit encore la chaise, un allemand ennemi de la Seconde guerre mondiale. Plusieurs parcours vous rappellent les destins funestes de ces victimes de l'histoire.

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Ici, les corbeaux vous protègent

La White tower, la plus célèbre, quant à elle, accueille le musée des armoiries, aussi impressionantes les unes que les autres mais celles qui me fascinent le plus demeure celles d'Henri VIII dont on comprend l'embonpoint au fil des âges en regardant grossir son armure, tout en n'oubliant pas de se faire grossir le pénis dans un élan de virilité.

 

Mais si vous venez ici, c'est avant tout pour admirer les joyaux de la couronne. Diamants, or et pierres précieuses des 4 coins du monde scintillent et le côté kitsch est remplacé par des explications très sérieuses et passionantes. Les joyaux de la couronne ne sont pas ceux des temps médiévaux, détruits juste après que le roi Charles Ier soit décapité et que la république de Cromwell remplace un court laps de temps la monarchie anglaise. C'est en 1660 lorsque Charles II fut remis sur le trône qu'on fabriqua de nouveaux regalia parmi lesquels certains dont vous pourrez vous émerveillez. Pourtant, il y a des must incontournables que vous devez avoir vus dans des conditions un peu spéciales. En effet, les plus intéressantes collections sont dévoilées sur un tapis roulant. Résultat, j'ai fait le tour 3 fois pour bien regarder. Je pense par exemple à la couronne de Queen Mum lors du couronnement de George VI, sur laquelle est déposée un diamant indien, le Koh -I-Noor censé porter malheur aux hommes qui le portent et l'effet contraire sur les femmes. La couronne impériale de George V est elle aussi admirable, une couronne célébrant le monarque comme l'empereur des Indes, une couronne qui n'aura servi qu'une fois. Les couronnes servant au couronnement possèdent quant à elle un côté sentimental surtout quand on sait qu'elles se sont posées sur la chevelure de l'ex jeune Elisabeth II.

Le Koh-I-Noor pour ces dames

C'est ainsi que se termine notre tour de Londres royal, entre les strass et les paillettes mais aussi la peur de perdre sa vie. Mais la vie d'un monarque a toujours été une vie sur la tangente.

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Quelques renseignements

- Prix: 19,80 livres (astuce: précisez "without donation" pour faire baisser le prix)

- Mars -octobre: 9h30 - 17h30 (dernière entrée 30 minutes avant la fermeture)

- Novembre - février: 9h30 - 16h30 (dernière entrée 30 minutes avant la fermeture)