On pourrait la confondre avec la basilique Sainte Sophie quelques secondes car celle qui lui fait face est aussi stupéfiante que sa grande soeur byzantine. Mais si son aînée est aujourd'hui un musée, la mosquée bleue est bien restée un lieu de culte.

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Tout d'abord, on compte jusqu'à 6 et si on connaît la basilique Sainte Sophie, on se souvient qu'elle ne comprend que 4 minarets, ces tours où on appelle à la prière dans l'islam. C'est ce qui m'a frappé d'emblée avec cette mosquée qui pourtant n'a pas été construite pendant l'âge d'or de l'empire ottoman qu'on situe au XVIe siècle avec le règne de Soliman le Magnifique accompagné de son célèbre architecte Sinan. Ici, nous sommes au début du XVIIe siècle et le sultan qui l'a commandé est le sultan Ahmet qui n'a pas laissé grande postérité dans l'histoire. D'ailleurs, les Turcs l'appellent la mosquée du sultan Ahmet et non pas la mosquée bleue comme nous. Un lieu change donc de nom en fonction des perceptions. Mais par cette mosquée, il essaie de renouer avec cette période dorée des débuts des Ottomans à Istanbul. Et je trouve cela assez réussi.

 

 

 

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Si on visite les mosquées dans leur chronologie, c'est-à-dire la basilique Sainte Sophie, la mosquée de Soliman le Magnifique puis la mosquée bleue, on remarque vite que celle-ci n'a rien de révolutionnaire. Tout d'abord parce que son concepteur est un élève de Sinan et l'influence se voit de suite. Une coupole centrale et plein d'autres autour qui se déversent en cascade mais jamais une mosquée d'Istanbul n'avait obtenu des formes aussi voluptueuses. Cette coupole fait écho à celle de la basilique Sainte Sophie car celle-ci est au centre des inspirations des mosquées impériales. Comme les deux mosquées précédentes, les minarets sont fortement élancés et on se demande s'ils ont déjà percé les nuages. On y trouve comme dans toute mosquée de ce type une cour aux ablutions qui permet aux fidèles de se purifier avant la première. Ce type de cour est l'une des marques de fabrique de l'empire ottoman. Comme la mosquée de Soliman, elle est plus bien qu'un lieu de culte. Je détaillerai ce point dans un futur article. 

 

 

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Mais alors pourquoi aller la visiter si ce n'est qu'une copie? En réalité, elle est unique en son genre et se distinguent de la basilique Sainte Sophie par sa luminosité et des couleurs vives. C'est bien à l'intérieur que la mosquée prend toute sa majesté avec ses piliers larges comme des pattes de pachyderme pour soutenir son immense coupole. Alors que la mosquée de Soliman se veut sobre, la mosquée bleue veut en mettre plein la vue et n'hésite pas à employer les plus beaux matériaux. Parmi eux, les superbes faïences d'Iznik retiennent toute notre attention. Le bleu, le vert et le rouge sont éclatants et ce raffinement s'accompagne du style polychrome dit des quatre fleurs. Au fond, le mirhab est en marbre et les tapis sont merveilleusement tressés au sol. On regarde partout à s'en rompre le cou. On aimerait prendre une échelle pour admirer les détails ou alors se placer au centre. On envie les Musulmans de pouvoir y prier. Serait-on à deux doigts de nous convertir? Rien n'est moins sûr mais quoi qu'il en soit, l'art ottoman brille encore une fois de mille feux.

BON A SAVOIR:

- La mosquée est fermé les heures de prière. Pensez y.

- Si vous êtes musulmans, vous n'aurez pas à faire la queue comme les touristes et pourrez entrer par une porte qui vous est spécialement dédiée.