François Ier avait ses châteaux de style Renaissance vantés dans toute l'Europe. Il est donc bien évident que son rival anglais, Henri VIII, fasse de même. Même si Hampton Court n'est pas le palais de Nonsuch construit dans le Surrey et aujourd'hui perdu, il reste une des résidences préférées des souverains anglais. C'est donc dans un château à la façade en briques rouges que se sont tramées plusieurs histoires royales.

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Et si on rivalisait avec François Ier?

En amont de la Tamise, le château d'Hampton court n'appartenait pas au souverain à la barbe rousse au départ. Il était en la possession du cardinal Wolsey qui au début du règne d'Henri VIII avait beaucoup d'influence sur la politique anglaise et sur le roi. Mais lorsque le roi décide de divorcer de Catherine d'Aragon, la catholique, pour épouser Anne Boleyn, le cardinal Wolsey n'arrive pas à négocier ce caprice royal avec le pape qui décide d'excommunier tout simplement le roi Tudor. Contre toute attente, Henri VIII dépossède Wolsey de tous ses biens et le fait tuer plus tard. C'est ainsi que le roi fait d'Hampton Court sa demeure qu'il agrandit. Il ne reste plus grand chose aujourd'hui de cette époque tudor car les parties ont été démolies et remaniées mais c'est bien Henri VIII qui est toujours mis au centre des visites du château très pédagogiques.

 

Je vous invite à pénétrer dans les salles qui rendent honneur à la jeunesse d'Henri VIII qui explique son accession au trône comme ses déboires avec François Ier que ce soit les guerres mais aussi le Camp du drap d'or, ville de toile créée à la hâte et somptueuse où les souverains anglais et français s'étaient promis assistance à Ardres avant qu'Henri VIII ne se rapproche finalement de Charles Quint. Mais le plus intéressant reste ses relations avec Catherine d'Aragon et Thomas Wolsey où les 3 personnages sont représentés par 3 chaises vides tout au long du parcours. Une visite très ludique comme savent nous le rendre les Anglais. Nous assistons ainsi à la chute du cardinal Wolsey mais aussi à celle de Catherine d'Aragon remplacée par Anne Boleyn, là où notre histoire s'arrête.

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Voyage dans la vie d'Henri VIII

Il ne reste peut être plus grand chose de l'époque Tudor mais il en reste tout de même. Tout d'abord, un parcours d'environ une heure vous trimballera dans les cuisines de l'époque où les historiens gastronomiques anglais vous expliquent avec passion leur métier. En effet, contrairement aux Français, ils retravaillent les produits comme à l'époque et reconstruisent aussi le matériel de cuisine. C'est ainsi qu'on apprend des choses sur les tourtes, les façons de cuisiner mais aussi le minutage exact pour le service des gens de la cour. Vous pourrez aussi visiter une cave à vin à l'ancienne. Mais ce qu'il reste d'encore plus impressionant de l'époque d'Henri VIII, ce sont ces jardins à la française, très bien taillés avec des arbres tout droit sortis de l'univers d'Alice au pays des merveilles avec des arbres en forme de gros bulbes s'alignant dans les allées. Il vous sera aussi possible d'être tout foufou dans le Maze, autrement dit le labyrinthe (quand je vous dis que ce jardin est un pastiche de l'oeuvre de Lewis Caroll).

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Dans les jardins, il y a des arbres en forme de champignon

Seulement voilà, Henri VIII n'a pas été le seul à habiter entre ces murs comme je l'ai dit plus haut et l'architecture actuelle d'Hampton Court porte plus la patte des souverains successeurs auxquels le château consacre aussi des expositions permanentes. Le seul problème dans tout ça, c'est qu'il est impossible de faire en toute une journée tant le lieu est riche. C'est pour cela que je vous suggère de vous concentrer sur ce qui concerne Henri VIII et pour une visite ultérieure dans quelques annés combler les lacunes que vous n'auriez pu voir. Ainsi, après Henri VIII, une exposition est consacrée à Guillaume III et Marie II, souverain engagé dans les luttes contre la France et Marie II se montrait plutôt docile avec le peuple. En même temps, on la comprend, quelques années auparavant, les Anglais avaient coupé la tête à Charles Ier. C'est donc ici une ambiance plus rococo que Tudor qui tapisse les murs d'Hampton court. La visite d'Hampton court est donc interminable mais votre tête en ressort bien remplie après ça et il est difficile de trouver un lieu plus royal hormis Windsor castle en dehors de Londres.

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Hampton court selon Guillaume III

 

Quelques renseignements:

- Horaires d'ouverture: Eté: Tous les jours de 10h00 à 18h00 (dernière entrée au palais à 17h00)

                                Hiver: Tous les jours de 10h00 à 16h30 (dernière entrée au palais à 15h30)

- Prix: Adultes: 17,60 livres

         Enfants: 8,80 livres

         Tarif réduit: 14,85 livres

         Famille: 45,10 livres

- Petite astuce pour payer moins cher: comme à la Tour de Londres ou à Windsor Castle, dites que vous payez "without donation" et vous paierez une ou deux livres de moins à chaque fois.

 

Il était un roi ... et ses femmes: Henri VIII

Henri VIII ou Barbe rousse

Pour ceux qui ont vu la série "Les Tudors", Henri VIII c'est Jonathan Ryes Meyers sauf qu'en regardant la photo, on s'aperçoit vite que ce gros obèse roux n'a rien d'un sex symbol, même à son époque d'ailleurs. Pour les enfants, Henri VIII est l'incarnation d'un des contes les plus cruels de l'histoire: Barbe bleue, le roi qui tuait ses femmes. En effet, Henri VIII a inspiré Charles Perraut mais n'en a tué que deux d'entre elles. Retour sur un roi charismatique pris dans les tourments de l'amour. Henri VIII ne devait d'abord pas être roi. Fils d'Henri VII, il a profité de la mort de son frère pour accéder au trône. Et il prit pour épouse la veuve de son frère: la catholique espagnole Catherine d'Aragon. Les relations entre Henri VIII et Catherine n'étaient pas du tout mauvaises alors que "Les Tudors" montrent une relation tendue dès le début. Catherine était d'ailleurs de très bons conseil en politique et marchait un peu main dans la main avec le cardinal Wolsey. Toutefois, Henri VIII est un roi volage et les femmes lui font tourner la tête. C'est pourquoi après s'être tapée Marie Boleyn, c'est Anne Boleyn, sa soeur, qui lui tape à l'oeil. Rien d'étonnant à l'époque car les rois allaient tremper leur biscuit hors mariage sans que ça ne choque qui que ce soit. Mais seulement, le désir envers Anne Boleyn alla plus loin puisqu'il en tomba amoureux et voulut l'épouser et demande le divorce à Catherine qui le refusa. Le pape soutint celle-ci et Henri VIII décida de se séparer avec l'Eglise et se proclama chef de l'Eglise d'Angleterre. Anne Boleyn avait su le retenir notamment car elle refusa de faire l'amour avec lui tant qu'il ne l'aurait pas épousé. En gros, elle le tenait par la quequette et le plan fonctionnait à merveille. Le divorce fut donc proclamé et Catherine fut envoyé au couvent séparé de sa fille MarieTudor, placée ailleurs. Avec Anne, la passion ne dura qu'un temps. Henri s'offusquait car l'enfant qu'elle lui avait donné était une fille, la future Elisabeth Iere, et que le futur enfant qu'elle attendait dont tout le monde était persuadé que ce fut un garçon mourut quand Anne fit une fausse couche. C'en était trop pour le roi roux, ulcéré, qui commençait déjà de se rapprocher d'une belle blonde, une catholique cette fois (Anne était protestante): Jane Seymour. On accusa vite Anne d'adultère avec des courtisans mais aussi avec son frère et Henri l'enferma dans la Tour de Londres pour la faire tuer par la suite (cette histoire sera racontée plus tard dans le blog dans Un lieu/ une histoire). Anne morte, il pouvait convoler et gazouiller avec sa 3e épouse. Il était éperdument amoureux de Jane, même s'il alla encore faire montrer Paupaul à ses maîtresses, et ils eurent un garçon: le futur Edouard VII. Henri était fou de joie mais celle-ci fut de courte durée car Jane mourut alors qu'elle accouchait. Henri la remercia de tout son coeur de lui avoir offert le garçon qu'il désirait depuis si longtemps et lorsqu'il décéda, il avait demandé à ce qu'on l'enterre aux côtés de Jane, ce qui fut fait à la chapelle Saint George de Windsor Castle. Il mit longtemps à choisir une autre épouse et son peintre favori, Hans Holbein, avait eu pour mission de lui portraiturer des prétendantes. On le poussa à épouser Anne de Clèves qu'il avait trouvée jolie sur peinture et décida de l'épouser. Mais dès qu'il la vit, il la traita de jument hollandaise et mit vite fin au mariage. Il lui offrit néanmoins des terres en guise de son acceptation et elle resta une de ses amies. 4 femmes déjà, qui allait être la 5e? Une jeune fille du nom de Catherine Howard lui tapa à l'oeil mais ce ne fut absolument pas réciproque. Elle épousa donc ce vieux monsieur mais son obésité et son furoncle à la jambe la dégoûtait énormément dès qu'il s'agissait de passer à l'acte. Elle le trompa d'ailleurs avec son amour de jeunesse. Henri VIII ne voulut pas y croire dans un premier temps mais sous les preuves accablantes n'eut pas d'autres choix que de l'exécuter elle aussi. Revers de la médaille pour l'ex femme du frère d'Anne Boleyn qui avait accusé la reine de forniquer avec son mari qui avait des tendances homosexuelles, elle avait aidé Catherine à voir son amant en catimini et passa aussi à l'échaffaud. Alors que certains avaient sussuré le nom d'Anne de Clèves pour redevenir la femme du roi, il prit en 6e noce Catherine Parr, une femme un peu plus âgée et qui ne fit pas d'émules. Elle put même se marier avec l'homme qu'elle aimait après la mort d'Henri.