Du XVe au XVIe siècles, Florence est au centre de l'Europe d'un point de vue culturel mais pas seulement. Alors qu'on a trop souvent tendance de l'associer elle seule à la Renaissance alors que d'Italie, des bouillons de culture mijotaient aussi, elle a laissé la place à des grands hommes et ce jusqu'au XVIIIe siècle même quand le grand duché de Toscane n'avait plus le même aura que le temps de la république. Ainsi, on a vu défiler la famille des Médicis dont l'un des plus grands mécènes fut Laurent le Magnifique. Machiavel a laissé son nom dans l'histoire avec son Prince. Filipo Brunelleschi reste à tout jamais associé à la coupole du Duomo. Léonard de Vinci lui n'y fit pas sa renommée mais il s'est formé ici tandis que pour la cité, Michel Ange offre son David. Il y a aussi Galilée qui osait défier l'Eglise avec ses thèses sur l'astronomie. Mais il fut un homme qu'on a peut-être oublié alors qu'il a marqué un tournant dans l'histoire de Florence même si son mouvement fut vite brisé. Cet homme a pour nom Savonarole.

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Les Médicis régnaient déjà depuis quelques temps sur la cité florentine même si officiellement, le pouvoir était partagé avec de grandes familles dans le cadre de la République. Sauf que même si les Médicis sont associés à la Renaissance et qu'ils furent des mécènes hors pair, en particulier Laurent le Magnifique, ce dernier vida les caisses de Florence. En effet, ça coûte cher de financer Botticelli, Michel Ange ou encore Verrochio. Mais Florence entra dans une crise sans pareille dans le cadre des guerre d'Italie où les Français avaient de sérieux appétits sur ce pays qui n'existait pas encore mais se confondait en duchés ou en républiques. A la mort de Laurent de Magnifique, son fils Pierre II prend le relais à partir de 1492. 2 ans plus tard, il est déjà impopulaire et surtout subit une défaite de taille face à Charles VIII, le roi de France. Sans trop de courage, il quitte la cité et s'exil en Europe. Les Médicis le suivent. Pas tous en fait puisque la branche cadette favorable aux républicains restent.

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Mais les Médicis ne peuvent plus régner. Les temps ont changé. La question religieuse angoisse les populations qui craignent de ne pas rejoindre Dieu après la mort. C'est pourquoi il n'est pas étonnant que le moine Jérôme Savonarole réussit à négocier avec le roi de France et a mettre sur pied un nouveau régime favorable à une morale chrétienne stricte. Exit la république et bienvenue la dictature chrétienne. Certes, il organise des mesures en faveur des plus pauvres, notamment avec un taux d'imposition qui leur est plus favorable. Cependant, ceci a un prix. La vanité est exclue du régime et il organise des bûchers de vanité où on brûle bijoux et miroirs entre autres. Ceci va, on peut le comprendre, agacer les Florentins. L'excès de puritanisme tue le puritanisme. Et si aujourd'hui, vous vous rendez sur la place de la Seigneurie, vous verrez une plaque avec le nom de Savonarole, peu voyante comme si on voulait cacher à tout prix cette période qui s'étala sur 4 ans. A cet endroit même, vous pourrez vous dire que Savonarole a eu le même sort qu'il faisait subir aux bijoux. En effet, excommunié par le pape Alexandre VI et après un procès d'une cinquantaine de jours, on n'hésita pas à la brûler. Il ne faudra pas attendre très longtemps pour que les Médicis soient de nouveau les maîtres.