C'est la plus belle ville des Ardennes belges avec un éperon rocheux et une citadelle en toile de fond. La Lesse vient encore renforcer le cadre enchanteur de cette ville de Belgique où est né le père du saxophone. Citadelle assiégée, fief de la dinanterie, mère d'un des instruments du jazz ou encore martyre de la Première guerre mondiale, Dinant a plein d'histoires à raconter.

 

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Ce qui nous scotche de prime abord, c'est le cadre. Un éperon rocheux vertigineux sur lequel est planté la citadelle de la ville avant que tout ça ne plonge sur une église à bulbe. Absolument fabuleux. L'attraction, c'est donc la citadelle. Bien qu'impressionnante, elle n'a pas empêché à la ville d'être assiégée et occupée 6 ou 7 fois, ce dont les guides se moquent énormément. Louis XIV ou les Allemands pendant la Première guerre mondiale font entre autre partie de ces méchants. La citadelle est une très belle visite. Vous pouvez emprunter le téléphérique ou faire comme moi, prendre les escaliers, le prix étant réduit. La montée n'est pas difficile et cela nous permet d'obtenir des points de vue spectaculaires sans aucun touriste. En haut, des guides gratuits vous accueillent et sont très drôles notamment quand ils parlent des évasions dans les prisons ajoutant à la fin: "C'est normal, c'est une prison belge". Le point d'orgue, c'est sans nul doute cette sorte de blockhaus de la Première guerre mondiale touché par un éclat d'obus et qui nous place en oblique. On a peur d'être projeté comme les soldats et on ressent la sensation bizarre d'un bâtiment éjecté. J'ai du mal à l'expliquer mais vous comprendrez quand vous en ferez l'expérience.

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Dinant, c'est aussi la mère patrie d'Adolphe Sax, créateur du saxophone, ce que la ville ne se prive pas de nous rappeler. D'abord, un musée gratuit est dédié à l'instrument tandis que sur le pont principal, de nombreux pays européens ont offert à Dinant la sculpture d'un saxophone dont la décoration varie en fontion de son origine.

 

 

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Enfin, Dinant est une ville qui a aussi connu une tragédie. En 1914, 674 habitants, soit un dixième de la population, sont fusillés gratuitement par les Allemands sans aucun enjeu stratégique. Une façon de rappeler que les soldats n'ont pas été les seuls à souffrir de la Grande guerre. Les maisons et le patrimoine sont aussi détruits dont la collégiale Notre Dame. Dans la ville, un mémorial a été dressé en l'honneur de ce tristre 23 août. On y retrouve les noms des victimes inscrits dans la rouille et seulement lisibles de l'intérieur. A côté de chacune d'entre elle, des carrés qui correspondent à leur âge. Après ce moment glaçant, il est temps de se rafraîchir avec une bonne bière le long de la Lesse.