Byzance, Constantinople, il y en aura eu du chemin pour parvenir à Istanbul. Longtemps chrétienne, Istanbul est sans nul doute musulmane depuis sa prise en 1453 par Mehmet II. Cependant, elle a gardé sa place de plaque tournante commerciale. 

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La basilique Sainte Sophie domine la ville

Pourquoi dans le top 3? Une ville carrefour

D'abord, il s'agit d'un carrefour de civilisations. Istanbul a été longtemps chrétienne, la capitale de l'empire byzantin et Byzance, même s'il n'en reste plus beaucoup de vestiges, a laissé encore quelques traces. D'ailleurs, il faut savoir qu'après la prise de Constantinople, Mehmet II rappela vite les Chrétiens pour repeupler sa nouvelle ville et les laissa libres de pratiquer leur culte, leur laissant leurs églises mais si nombre d'entre elles se transformèrent comme par magie ottomane en mosquée. Alors oui Istanbul est marquée par l'islam. Les mosquées bleue et de Soliman sont là pour le témoigner, les calligraphies musulmanes déversant les sourates du Coran ne le démentent pas. Le palais de Topkapi est aussi un marqueur de la grandeur ottomane sous le règne de Soliman le Magnifique signifiant l'apogée de ces sultans. Mais d'un autre côté, si vous allez en dehors de Sultanhamet, l'église Saint Sauveur in chora vous rappellera que les Chrétiens étaient bien là à un moment de l'histoire. Ses superbes mosaïques en or évoquent les grandes heures de l'art byzantin. Mais c'est encore la basilique Sainte Sophie qui fait le mieux la symbiose. Ni église, ni mosquée, elle est aujourd'hui un musée. Ici, les mosaïques dorées représentant certains des plus grands empereurs byzantins et Jésus avec une infinie tendresse se mêlent aux grands médaillons sur lesquels sont inscrits des vers du Coran. Cette ancienne église est entourée de 4 minarets d'où on appelait autrefois à la prière. Ce n'est pas pour rien qu'il s'agit de l'emblème d'Istanbul.

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Les mosquées, les oeuvres d'art d'Istanbul

Mais dans son histoire, Istanbul était aussi un carrefour commercial. Et ça n'a pas tellement changé à tel point qu'on dirait qu'il n'y a que des marchands à Istanbul. Autrefois, c'était sur la rive nord que les Italiens et les Français s'étaient établis, devant s'acquitter d'un impôt mais restant libres de pratiquer leur religion et surtout de vendre tout ce qu'ils voulaient. Ce qui s'appelait autrefois Galata s'est métamorphosé en Beyoglu, un quartier branché qui vit plus la nuit que le jour. C'est donc du côté traditionnellement musulman et presque à chaque coin de rue que vous tomberez sur une série de commerces installés parfois à la sauvette, vendant de tout allant des sandwichs au poisson jusqu'aux vêtements. Plus formellement, vous pouvez essayer de vous frayer un chemin dans les dédales qu'on appelle les bazars. Ici, les épices, les tapis, les luminaires, les vêtements font concert et n'ont qu'un seul objectif: vous faire dépenser. Et ça marche!!!

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Beyoglu, le nouveau quartier branché

Enfin, Istanbul est un carrefour car il a été au coeur des mouvements artistiques. On a même retrouvé un portrait de Mehmet II peint par l'artiste italien Bellini issu de l'école de la Renaissance. Soliman le Magnifique avait quant à lui un protégé: Sinan. C'est l'architecte d'Istanbul par excellence. Celui-ci fut, d'origine chrétienne, fut "victime" du devshirme. C'est un système d'enrôlement de garçons non musulmans de 8 à 17 ans dans l'armée et qui sont convertis à l'islam. Il fut un fidèle de l'empire ottoman et était obsédé par l'envie de dépasser la beauté de la basilique Sainte Sophie. La sobriété et le jeu sur les espaces atteint des états d'excellence et ferait presque dire qu'il a atteint son but. Il est aussi à l'origine de nombreux hammams dans lesquels vous pouvez prendre autant de bains de vapeur. Et puis, qu'il s'agisse de la mosquée bleue et du palais de Topkapi, les faïences d'Iznik font montre du savoir faire de l'atelier avec ses blancs si purs et les bleus d'un éclat sans pareil. Sans oublier tous ces calligraphes qui ont participé à la décoration des mosquées. Cette âme de fusions, Istanbul ne l'a pas perdu.

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Istanbul, ville d'art