Le 27 juillet 1933, Berlin est en feu ou plutôt le siège de son parlement appelé le Reichstag. Ce qui ne devait être qu'un incendie national allait se propager au monde et déclenché l'une des plus grandes tragédies de l'histoire.

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 Un incendie qui allait embraser l'Allemagne

Le Reichstag abrite le parlement allemand, appelé le Bundestag depuis 1894, une vingtaine d'années après l'unification allemande proclamée à Versailles, humiliation suprême pour les Français qui envenimera les relations entre les deux puissances jusqu'à la Première guerre mondiale et au delà. Le traité de Versailles (le choix du lieu n'est pas anodin), signé pour mettre fin à la Grande guerre était désavantageux pour les Allemands, même humiliant. Dans les années 1920, un jeune peintre viennois raté du nom d'Adolf Hitler multiplie les prises de position et finit même en prison pour avoir fomenté un coup d'Etat qui échoua. De ce passage entre les barreaux naîtra Mein Kampf, où il mit au point ses théories que nous connaissons tous sur la race aryenne ou l'espace vital. Le parti nazi qu'il a fondé ne cesse de gagner des voix aux élections et en 1933, le chancelier Hindeburg n'a pas le choix. Face à la montée du nazisme et du communisme, les bourgeois de la république de Weimar acceptent de faire entrer Hitler au gouvernement et le président Hindenburg le fait même chancelier en 1933. Cette classe bourgeoise voulait écarter les communistes qu'ils avaient en travers de la gorge et pensaient qu'ils manipuleraient facilement Hitler. Cependant, mal leur en a pris et s'ils ont bien réussi quelque chose, c'est d'écarter les communistes.

 

La plus grave erreur d'Hindenburg

En effet, ils ont été les premiers persécutés du régime nazi qui allait petit à petit écarter tous les opposants et vite démontrer qu'Hitler n'était pas un pantin aux mains des technocrates. Imaginez le Reichstag sans sa coupole de verre. C'est ici que la flamme fut allumée par un certain Marinus van der Lubbe, un jeune chômeur communiste d'origine hollandaise. C'est la catastophe et le Reichstag devint un véritable brasier dès lors que la coupole explose. Les tentures, les boiseries devinrent des cendres tandis que Marinus alluma d'autres feux dans d'autres salles. Mais qu'en retiennent les nazis à ce moment là? L'incendie ou son incendiaire? Il s'agit bien sur du fait que Marinus van der Lubbe soit un communiste qui attisa la haine des nouveaux venus au pouvoir. De plus, lorsqu'Hitler était devenu chancelier, les résultats des nazis avaient commencer à baisser alors qu'ils n'avaient cessé d'augmenter jusque là. Une violente campagne d'intimidation lors de nouvelles élections législatives eut lieu: les nazis maniaent la propagande avec art et perturbaient les réunions des opposants, allant parfois jusqu'à la brutalisation. Cet incendie était du pain béni tout simplement pour eux qui voyaient là la meilleure occasion d'éliminer les communistes. Les historiens sont d'ailleurs divisés sur la question: certains affirmant que les nazis ont eux mêmes déclenché l'incendie. Ils auraient même fait couler des bidons d'essence dans le siège du parlement. Le débat est virulent et je ne me prononcerai pas entre ces deux thèses: l'une qui désigne van der Lubbe comme incendiaire et ceux qui mettent tout sur le dos des nazis. Nous ne saurons surement jamais.

 

Ce qu'il faut retenir tout de même, c'est que cet incendie eut des conséquences dramatiques pour l'Allemagne puisque c'est à partir de ce moment que la dictature fut mise en place. Hitler désigna les communistes comme ennemis de la nation et en arrêta une paire avant qu'une vague emporte ces derniers dans des camps de concentration comme Dachau. Hindenburg accepta un décret fatal: la suppression des libertés individuelles. La chasse aux communistes a eu raison d'eux et la démocratie allait périr jusqu'en 1945. 

 

Aujourd'hui, depuis 1990, Berlin est redevenue la capitale d'une Allemagne réunifiée qui sera passée par bien des viscissitudes et les communistes victimes d'hier furent les bourreaux suivants. La coupole a été remise en place, mais plus exactement la même. Aujourd'hui, il s'agit d'une coupole de verre qui symbolise la transparence démocratique. Un monument a besoin parfois d'un coup de neuf pour effacer les cicatrices d'un passé qui saigne.

 

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La renaissance du Reichstag