Elle est la digne représentante de l'architecture moderne made in Berlin. C'est qu'il fallait frapper fort à grands coups de capitalisme pour effacer les dernières traces de la présence des Soviets. Le message de la Potsdamer Platz est clair: à Berlin, le communisme est mort. Ce n'est pourtant pas toujours cette idée qu'elle véhiculait.

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Quand Berlin prend des allures de mini New York

En effet, au départ, la Potsdamer Platz était le no man's land absolu de Berlin, c'est-à-dire qu'entre les deux murs, il y avait cet espace creux gardé par des soldats et on sait que les est allemands étaient prêts à vite dégainer sur les fuyards. On imagine difficilement qu'ici, les miradors, les barbelés et les installations de tirs automatiques se nichaient à la place des tours de verre actuelles. Le projet de la RDA allait plus loin car elle voulait y développer les infrarouges mais le mur est tombé trop vite. Elle n'était qu'un entre deux infranchissable et aujourd'hui, le symbole est fort: l'éclat d'un Berlin uni et les sommets de ses grattes ciels prouvent qu'elle veut atteindre cet idéal. La Potsdamer Platz, c'est les beaux quartiers car je vous rappelle qu'au moins 20% du bâti doit avoir une fonction résidentielle à Berlin pour éviter leur léthargie la nuit venue. Tomber de sommeil ne risque d'ailleurs pas de lui arriver entre ses restaurants assez huppés (on sent vraiment qu'ici, le communisme ne reviendra pas) et ses touristes qui se logent sous le chapiteau qui fait varier ses couleurs comme un caméléon ou un papillon de nuit avec ses ailes déployées. Berlin jamais trop chic, il faut avant tout qu'elle soit populaire. Et dire que juste après la chute du mur, elle était vouée à ne rester qu'un terrain vague. Aujourd'hui, les parcelles de terrain s'y font rares et Daimler-Chrysler y a installé son pouvoir. Sony l'a rejointe en écrasant ses concurrentes par le haut avec sa Sony Center sauf celle de Daimler, la Bahntower, car on est avant tout en Allemagne et la préférence nationale fait foi en Europe. Quoiqu'il en soit, c'est vraiment ce chapiteau, quand on entre dans la cour de cette place qui se veut fermée et ouverte à la fois, qui demeure l'attraction phare. On s'y sent comme dans un mall américain donnant l'impression que la capitale allemande s'est fondue dans la masse, une masse financière vengeresse contre un passé qui n'aura pas laissé d'épargne. Berlin se veut toujours créative, branchée. Mais est-elle totalement tombée dans la marmite de l'idéologie des rois du dollar? Je pense qu'au fil de notre parcours, vous avez déjà eu des éléments de réponse. L'enquête continue.

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Le chapiteau comme si Berlin offrait un nouveau spectacle