Il est un empereur au dessus de la mêlée: Charles IV. C'est le seul empereur du Saint empire romain germanique à venir de Bohême. Cela a permis à Prague d'avoir une nouvelle impulsion et dès lors, une politique de grands travaux a été amorcée entre l'embellisement du château ou encore la construction de la cathédrale Saint Guy. Son oeuvre qui est pourtant dans tous les esprits est le pont qui porte son nom. C'est d'ailleurs le symbole de Prague par excellence.

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Le pont d'un empereur

Etant infecté par le gothique, le pont Charles a pour but premier de relier la Vieille ville à Mala Strana et au château. Mais il est aussi là pour montrer la supprématie d'un empereur. Deux autres pont avaient été construits avant lui mais la Vltava, fleuve tempétueux de Prague, avec ses crues violentes n'en fit qu'une bouchée. Il fallait donc reconstruire au plus vite. C'était l'occasion rêvée d'y mettre la Charles IV touch car il fallait une capitale digne d'un empire. Adieu le bois comme le premier pont mais des blocs de grès lié avec des vins et des oeufs, technique tellement bien conçue et solide qu'il fallut recourir à de la dynamite au XIX e siècle lors des travaux de réparation. Le mieux aurait été que le pont puisse transporter le cortège funèbre de Charles IV à sa mort mais malheureusement, il ne fut pas encore terminé.

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Un point de passage avant tout

 

Le pont n'est pas qu'un lieu de passage mais aussi un lieu de passage. On ne s'est pas battu que dans les rues à Prague mais aussi à cet endroit. L'âpre lutte des guerres hussites mais aussi l'invasion des Suédois pendant la guerre de Trente ans n'aura pas épargné l'édifice qui résista, sa solidité n'étant donc plus à remettre en cause. 

 

Aux XVII et XVIIIe siècles, le pont encore austère allait prendre la forme qu'on lui connaît aujourd'hui. Les statues y fleurirent se faisant les porteuses des libertés publiques de la ville mais furent aussi le moyen de poursuivre la Contre Réforme. En réalité, à la fin du XVII e siècle, Prague était complétement redevenue catholique car les nouvelles générations n'avaient pas vraiment connu le protestantisme. C'est pourquoi l'Eglise érigea la sculpture de Jean Népomucène qu'elle venait juste de canoniser, le nouveau représentant de la Bohême auprès de Dieu pour contrer la mémoire de Jean Hus.On n'y trouve néanmoins pas la figure de son commanditaire. Seul son nom lui rend hommage. Aujourd'hui, ces statues semblent de réels personnages qui on pourrait fort imaginer prennent vie la nuit. Le pont en tout cas est un lieu de passage vivant où musique et artistes ambulants contribuent à sa postérité.

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Jean Népomucène, porte drapeau de l'Eglise

Il était un personnage qui a fait Prague: Charles IV

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Il est au même titre que Venceslas le plus grand des rois de Bohême même si celui-ci n'aura jamais été canonisé.Il est parti sans le handicap de son père, Jean Ier de Luxembourg surnommé Jean l'Aveugle à cause de sa cécité. Prague n'aura donné qu'un seul empereur au Saint Empire romain germanique et s'en souvient encore. Il a lancé de gros travaux urbanistiques en étendant la ville avec le quartier de Nove Mesto à traduire par Nouvelle Ville. Le château se transforme en vrai palais à son initiative et son amour pour le gothique français,car il avait été élevé à la cour de France, le pousse à appeler un architecte de notre contrée pour construire la superbe cathédrale Saint Guy. Le pont Charles permet de relier aussi plusieurs quartiers de la ville. Il est aussi le fondateur d'une université ouverte à tous les étudiants du Saint Empire romain germanique, ce qui permit à la ville de prendre son élan culturellement. A sa mort, il est proclamé "père de la nation". C'est surement avec lui que l'histoire de Prague commence réellement.