Les Habsbourg étaient de fervents catholiques, surtout depuis Philippe II qui, contrairement à son père Charles Quint qui avait décidé d'opter pour une très relative tolérance religieuse, chassa les hérétiques avec ferveur. Par la suite, Vienne devient une capitale au XVIIIe siècle, longtemps éclipsée par Prague. Petit à petit, les Habsbourg face à des Tchèques bornés au protestantisme lui donnèrent sa chance. Pas étonnant dès lors qu'on y recense des édifices baroques somptueux.

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Quand l'art s'engage contre la peste

Un empereur catholique + une épidémie de peste = une très belle église baroque. En effet, en ces temps douloureux de guerre de Trente ans et de famine, la peste ravagea l'Autriche à maintes reprises et s'éternisait. De plus, les Turcs avaient réussi à entrer dans Vienne, semant un peu partout la panique en Europe. Face à ces deux victoires, l'une face à la maladie, l'autre contre l'ennemi, une célébration était la bienvenue. Pour ce faire, l'empereur Charles VI érigea en 1713 une église en l'honneur d'un des plus grands Jésuites, Saint Charles de Boromée, à la gloire de Dieu. La commande en revint à Johann Fischer von Erlach. Il ne lésina pas sur les moyens et on aperçoit encore au loin, même si d'autres monuments viennois la dépassent comme la Hofburg, l'église Saint Charles de Boromée où sont plantées autour deux colonnes directement influencées de la colonne trajane, alors très appréciée à l'époque dès lors où on redécouvrait le passé romain. Henri IV en fit de même sur la place Vendôme. A ces éléments antiques, Fischer von Erlach continua à enrober le baroque d'autres styles venant d'Egypte ou même de Chine où les couronnements des tours latérales s'inspirent des pagodes. Charles VI n'a alors plus qu'un seul désir: être considéré comme le défenseur de l'Eglise. Ce qu'on retient, c'est que depuis, le patrimoine de Vienne s'est très bien défendu.