On l'appelle aussi la Florence de l'Elbe. Deux siècles après la cité italienne, Dresde vit sa renaissance grâce à une mode qui vient encore d'Italie, celle du baroque. Il n'est pas aisé de choisir un monument parmi d'autres dans cette ville où l'art étend ses racines comme dans une forêt luxuriante. C'est pour cela que pour la seule fois du top, c'est une cité toute entière qui est adoubée dans ce top 10 doré.

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Partout du baroque

Au début des guerres de religion et même si l'Allemagne a suivi une voix assez tolérante par la suite, il aurait été fort surprenant d'apprendre à un saxon que sa capitale serait touchée de plein fouet et de façon volontaire par un art encouragé par l'Eglise. Depuis longtemps, Dresde était un bastion du luthéranisme dominé par les princes de Saxe-Wettin. Néanmoins, leur opportunisme les poussa à vouloir décrocher la couronne de Pologne distribuée par les nobles. Afin de les séduire, ils se convertirent au catholicisme et décidèrent de parer Dresde de ses plus beaux atours. La ville devint alors un immense chantier où on fit preuve de beaucoup d'ingéniosité.

 

S'il fallait retenir un monument plus baroque que les autres, je ne penserais cependant pas au Zwinger, aujourd'hui musée mais autrefois résidence princière. Je me retournerai vers l'essence même du baroque qui est un art religieux. La Frauenkirche est un énorme édifice à plan central réalisé par Georg Bähr à la demande d'Auguste le Fort. La base carrée de 40 mètres est surmontée au sommet d'une immense coupole dans la veine de l'époque. Ici, il n'y a plus grand chose de protestant. Au milieu de tout ce luxe, 4 évangélistes tendent tout de même à rappeler le message de Luther. Aujourd'hui, la Frauenkirche est renée de ses cendres car détruite après les bombardements de la ville pendant la Seconde Guerre Mondiale. La reconstruction établie en 1991 après la réunification allemande est des plus spectaculaires.

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La restauration spectaculaire de la Frauenkirche