Ok, je suis d'accord, un pied, c'est moche et parfois ça pue surtout après avoir fait des kilomètres de visite, celui-ci suintant bien l'odeur de l'effort. Entre le camembert et le roquefort, certains iront même se faire manger leurs peaux de pied par de petits poissons. Et ils ont raison: car les pieds eux aussi méritent d'être considérés autant que le reste du corps. Sans eux, point de voyage à marche forcée. Alors quoiqu'on en pense, moi je dis merci les pieds et je leur consacre un article ici pour toutes les souffrances qu'ils endurent.

 

5) Les mamans sont fragiles des pieds

Comme presque tout le monde sur cette planète, j'aime ma petite maman et avec ma soeur, nous avions eu la bonté d'âme de lui payer un week end à Paris pour elle qui n'y avait jamais mis les pieds (ahahahaha jeu de mots). Ainsi, on lui sort le grand jeu pour qu'elle rattrape tout son retard parisien: visite de l'opéra Garnier, musée d'Orsay et musée du Louvre, Champs Elysées, ascension de la Tour Eiffel et pour terminer les quais de la Seine. Au final, ma maman marchait sur la pointe des pieds et traînait à un kilomètre derrière nous car ils n'étaient pas encore taillés pour la vie parisienne.

 

4) Maké, j'ai mal aux pieds

Cette anecdote ci se déroule avec ma Mutti (pas ma vraie maman, celle de mon coeur, alias ma meilleure amie). Premier voyage ensemble: Milan. Et nos pieds s'en souviendront tellement ils ont pris cher. A tel point que notre seul désir le soir, c'était de s'assoir et nous chantions à tue tête ce beau refrain dans la rue: "Maké, j'ai mal aux pieds". Ma petite Mutti avait des cloques à tous ses petits petons fragiles qui ressemblaient à la face d'un ado boutonneux de 15 ans.

 

3) Ton pied, ça sent le fromage

"Ca sent le fromage", c'est ce que dit ma filleule quand elle me fait sentir ses pieds (oui, elle n'a que 3 ans, on la pardonne). Par contre, le pied qui pue du compagnon de voyage, on l'a tous connu. Certains se taisent se bouchant le nez en silence, d'autres ouvrent leur gueule. C'est ma Toto Anne Sophie qui ce jour là avait décidé de faire de son pied une arme de puanteur massive à Barcelone. Elle avait eu la bonne idée de marcher avec des petites ballerines qui renfermaient bien la sueur à tel point que le soir, la chambre d'hôtel empestait de ce délicat fumet. Dans ces cas là, je fais partie de ceux qui gueulent.

 

2) Le pied old-fashionned allemand

Les Allemands ont une vieille tradition ancestrale qui consiste à ne pas montrer ses pieds. Jusque là tout va bien, j'ai en horreur de voir les pieds d'autrui. Vous vous dites: chapeau ces Allemands, quel respect! Foutaise, tout ça n'est qu'une bavure puisque les Allemands portent ce que j'appelle des tatanes et vous ce que vous appelez des tongues ou claquettes et ils enferment ainsi le pied dans une chaussette souvent très démodée elle aussi. C'est le pire que l'on puisse faire subir à ses pieds car ils n'ont pas besoin en plus de leur laideur naturelle qu'on les marginalise côté mode. Alors à tout le monde, cessez cette pratique immédiatement. Certains m'ont déjà entendu car les universités d'Autriche et de Hongrie refusent l'accès à ceux qui portent des tongs. Niak niak.

 

1) Que mon pied soit sanctifié

Mon pied a failli mourir une fois, mon pied droit pour être plus prècis. A Oslo, ma soeur avait trouvé une super idée d'activité: de la luge en plein air sur des pentes endiablées avec un engin incontrôlable avec seule une corde pour me guider. Autant vous dire que je trouvais ça très drôle d'autant que je chutais toutes les 2 minutes. Mais au bout d'un moment, mon pied n'a plus ri. Complètement transi de froid, son coeur ne battait plus et il n'avait plus aucune réaction. Complètement paniqué, heureusement que j'avais ma Marina avec moi, future médecin. Son remède: me filer des chaussettes roses pour me recouvrir le pied de deux couches. J'étais sur que je pouvais lui dire adieu, que les 24 ans passés avec lui étaient révolus et qu'il fallait se faire à l'idée de ne vivre qu'avec un seul pied. Cependant, il se réchauffa dans le métro et par miracle, comme si le prince charmant avait embrassé la Belle au bois dormant, il commençait à gesticuler un peu puis de plus en plus. Le soir, dans l'auberge de jeunesse, je décidai de lui rendre gloire et je lui inventai une prière. On ne dit jamais assez à son pied: "Je t'aime"