Le symbole par excellence de la royauté anglaise. On ne jure que par lui et on se presse devant à la fois pour voir à 11h30 la relève de la garde exécuter un cérémoniel lisse et propret mais aussi en ayant l'espoir de voir le joli minois d'Elisabeth II. 20 salles vous sont ouvertes en été mais avant cela, un petit récapitulatif s'impose.

SAM_7552

 

Buckingham palace vous ouvre ses portes

Au Moyen Age, Buckingham palace n'était qu'un terrain marécageux sans rien avant qu'Edouard le Confesseur (1042 - 1066) ne donne un coup de baguette magique en y érigeant un manoir où sa cour le suivait. Elle ne fut pas la résidence royale officielle que l'on connaît avant longtemps. D'abord, les souverains anglais avaient d'autres lieux fétiches: Hampton court pour Henri VIII ou encore Windsor Castle pour le roi des baleines George IV. Elle appartenait d'ailleurs au duc de Buckingham, d'où son nom, qui y fit bâtir en 1703 un grand hôtel particulier. C'est lui qui constitua le coeur du palais actuel. Mais alors quand Buckingham prit cette place dans le coeur des souverains anglais? Avec la reine Victoria. Hors de question que celle-ci séjourne à Brighton ou au Windsor Castle, symboles de l'époque décadente de son oncle George IV et le trouvant trop petit (car une reine, on le sait bien, ça doit vivre dans des milliers de mètres carré pour se sentir libre), elle y fit ajouter une aile côté est et un balcon qui est devenu celui où la famille royale fait désormais des risettes au peuple. C'est aussi pendant son règne que fut construite la salle de bal (37,5 mètres sur 18) à l'occasion d'une fête marquant la fin de la guerre de Crimée. Aujourd'hui, les cérémonies officielles comme le mariages et les couronnements partent du palais et Elisabeth II, Charles aiment à organiser des garden parties pour leurs hôtes. Au total, c'est 400 personnes qui y travaillent et 50 000 qui s'y invitent chaque jour.

 

Les portes vous sont ouvertes depuis 1993 mais seulement les deux mois d'été et ce ne sont que 20 salles. La visite de l'audio guide est plus intéressante que le Windsor castle même si le lieu paye moins de mine, relevant plus du symbole que d'autre chose mais pas dénué d'intérêt. Encore une fois, vous serez accueilli par la douce voix du prince Charles qui vous sussure à l'oreille quelques informations. Là, vous verrez de nombreux tableaux acquis au travers des siècles de grands peintres mais aussi la cour ou une superbe exposition sur les 60 ans du couronnement de la reine où on voit les habits d'apparat. L'occasion de revoir des photos où on avait oublié que Charles avait été enfant (il a environ 4 ans dessus) et où la reine Elisabeth avait été jeune et où on analyse son portrait officiel. Pour ceux qui n'ont pas un coeur de Stéphane Bern, passez votre chemin. Pour les autres, ça devrait vous plaire. A la fin de votre visite, vous pourrez flâner dans les jardins ou pour être plus précis, les longer.

 

Quelques renseignements:

- Attention, Buckingham palace ne se visite qu'en août et septembre. On ne voudrait pas déranger la reine.

- Horaires: 9h30 - 18h30 (dernière entrée à 16h15)

- Prix: Adulte: 31,95 livres; Enfants: 18,20 livres; Etudiants: 29,25 livres

- Venez chercher vos billets quelques jours à l'avance pour les réserver car la file d'attente court bien sur au moins 500 mètres.

 

Il était une reine: Elisabeth II

 

Tendre Lilibeth

Elle deviendra bientôt la plus longue souveraine d'Angleterre dépassant le règne de Victoria à moins qu'elle nous claque dans les pattes avant. Et pourtant, ce ne fut pas toujours une histoire d'amour entre elle et les Anglais. Surnommée Lilibet, la fille de Queen Mum et de George VI, le roi du film "Le discours d'un roi" est exposée à tous les regards depuis son enfance. Elle fut photographiée de nombreuses fois enfant pour des portraits officiels, Queen Mum voulant redorer le blason des Windsor après l'abdication d'Edouard VII. Lilibeth a été propulsée dans l'ère du "tout média". En 1953, le couronnement d'Elisabeth fut un événement mondial retranscrit par de nombreuses chaînes de télévision à travers le monde à l'abbaye de Westminster. Engouement chez les Britanniques qui furent 27 millions devant leur poste de télévision et les ventes de la petite lucarne allait être multipliées par deux après cette cérémonie. Même engouement chez les Français qui écoutaient les commentaires de Léon Zitronne. A la fin des années 60, Elisabeth II autorise même Richard Cawston à la filmer dans sa plus stricte intimité pour une retransmission sur la BBC. La télé réalité avant l'heure où on vit la reine dans ses obligations de souveraine mais aussi de mère de famille décorant un sapin de Noël. Mais cela eu un caractère contre productif et désacralisa l'image de la monarchie dévoilant une reine un peu trop normale. Cette fausse bonne idée ne fut plus jamais diffusée depuis. Et cette désacralisation s'accéléra: les Britanniques n'avaient plus pour leur reine l'affection d'antan, les foules des provinces s'amassaient en moins grand nombre à sa venue, les Sex Pistols s'en prirent à elle dans leur "God save the queen" et la défiguraient sur leurs pochettes d'album.  A partir de 1984, l'émission de télévision "Spitting image" osait s'en prendre à son image en la caricaturant à la façon des Guignols de l'info dans une marionnette de latex complètement farfelue. Bref, tout le monde se fout de sa gueule. Ce n'est pas sa belle-fille Diana qui allait stopper les scandales, l'incarnation d'un espoir d'une nouvelle monarchie. Mais c'est pourtant le choc de la mort de Lady Di en 1997 qui poussa les Anglais à se rapprocher un peu plus de leur reine. Le Golden Jubilee en 2003 (cinquante ans de règne) fut fêté avec beaucoup d'enthousiasme à travers le pays ainsi que ses 60 ans cette année. La reine retrouve de sa superbe. Et si vous voulez lui montrer votre affection, vous pouvez toujours la liker sur son compte Facebook officiel.