Les berges semblent désaffectées, peu entretenues et le fleuve est moins maîtrisé que la Seine ou la Tamise, pas aussi sauvage que la Loire mais il coule à son allure sans s'occuper aucunement de nous. C'est comme ci le Danube nous tourne le dos tandis que la ville a les talons tournés vers le centre. Le Danube, ce fleuve le plus long d'Europe, s'étire de tout son être, paresseux dès lors qu'il faut servir les humains. Il supporte déjà bien assez comme ça les bateaux de croisière. Et d'ailleurs, cette impression est la même encore plus à l'est à Budapest. Et voilà que dans ce désert humain, comble pour une métropole, sur les berges essaiment les bars. 

Strandbar Herrmann la nuit

 

Vous prendrez bien un transat.

 

La jeunesse viennoise en a un peu assez de ce conformisme du temps de François Joseph et se la joue Sisi rebelle nouvelle génération. Alors place aux bars et aux coins réservés pour la clientèle autochtone même si allez, un ou deux touristes sympas sont les bienvenus. Et ce sera peut être vous. La majorité du Danube est quasi morte de vie et l'intitulé d'oasis en pleine ville de la part du site de la ville de Vienne est tout à fait juste. Vienne a une peur bleue de rester à la case ville musée et essaie de se revigorer. Ces établissements le long du Danube en sont l'occasion et je me demande sincèrement comment on a pas pu y penser plus tôt. J'entends déjà les anti urbanisme me gueulaient aux oreilles: "Et le paysage alors?". Le paysage n'offre pour le moment rien d'extraordinaire et a besoin d'être revitalisé. C'est donc l'opportunité rêvée avec ses plages où on peut siroter son cocktail, sa bière ou un soft dans un transat dans une minuscule plage artificielle. L'ensemble est pour le moment encore un peu trop spontané, peu organisé mais en tout cas véritablement sincère. Il était temps que ça bouge à Vienne et vous pourrez même faire un plongeon dans une péniche rebaptisée en piscine.