Une petite virée à l'Est pour commencer, un endroit mal famé dont les Slovènes se méfient. Car la Slovénie de l'Ouest, celle de la Carniole, se moque éperdument de ses régions orientales. C'est que la Carniole n'a pas de gros problèmes financiers et attirent comme une pieuvre les touristes sur le littoral, dans ses grottes ou avec le mont Triglav. De l'autre côté, la Basse Styrie est boudée, huée, laissée pour compte. Et pourtant, une petite ville d'irréductibles slovènes résiste tant bien que mal à l'envahisseur tentaculaire occidental. Ptuj a des ressources et compte bien en faire montre.

 

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La ville aux toits rouges

 

Vu du ciel ou de son château, Ptuj déploie son tapis rouge, celui de ses tuiles dont chaque toit se voit recouvert dans une ambiance petit village méditerranéen alors que jamais cette mer ne borde le pays, c'est l'Adriatique et Ptuj en est très loin. Ptuj a peut être été piqué par le caractère méditerranéen mais se veut aussi une ville d'Europe centrale avec ses ruelles médiévales, ses églises et ses tours qui émaillent le paysage et le long desquelles les autochtones détendus prennent des verres.

 

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Une église et encore du rouge

 

 

Pourtant, Ptuj semble endormie, presque ennuyante quand on y entre. Ce serait mal connaître son passé. Au Moyen Age, elle obtint le statut de cité en 977 et s'enrichit grâce au commerce fluvial et rivalisa avec l'opportuniste Maribor pour se disputer les possibilités offertes par la Drave. Les ordres monastiques y établirent des couvents donnant encore plus d'attractivité à la ville. Cependant, la Révolution industrielle semble l'avoir à tout jamais plongée dans un état latent de Belle au bois dormant. Vienne était l'une des plus grandes capitales du monde vers 1850 et voulait que tout converge vers elle. La ville souhaitait ainsi être reliée au littoral slovène et on sait à quel point à l'époque une ligne de chemin de fer connectait un territoire avec le monde extérieur et en écartait d'autres. Malheureusement pour Ptuj, la ligne passa par Maribor mais évita la ville aux toits rouges. Dès lors, certains pourront comprendre le côté parfois un peu trop tranquille de Ptuj dont on se demande si elle n'a pas des rêves d'autarcie.

 

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Des airs de Belle au bois dormant

 

Toutefois, la ville surprend encore et son coeur bat à mille à l'heure en février lors du carnaval des Kuranti. Ce sont de drôles de personnages qui portent des masques et sont revêtus de peaux de mouton, bruyants et chahuteurs dans le seul but de chasser l'hiver pour laisser place au printemps. Ceux de la plaine de Ptuj sont même emplumés. Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire, choisir la date qui convient à votre personnalité.

Un carnaval pour me réveiller tout ça