L'une des plus belles merveilles du monde qui a aussi décidé de payer un loyer à durée plus qu'indeterminée à la ville éternelle. Rome, c'est à la fois l'empire et la Renaissance baroque où les papes furent des mécènes plus que généreux: c'est ce que nous rappelle chaque jour la fontaine de Trévi.

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Pour commencer, retour aux premiers siècles de Rome, plus exactement au Ier siècle avant JC où la ville étendait encore son empire. A gauche de la figure centrale que nous expliquerons plus tard se tient la figure d'Agrippa. C'est lui qui en 19 avant JC fut chargé de l'aménagement du canal qui acheminerait l'eau vers Rome, un canal long de 20 kilomètres. Et il en fallait de l'eau pour la vie quotidienne mais aussi alimenter les thermes où barboteraient les citoyens. Cette conduite fut appelée l'Acqua Vergine ou l'Eau vierge dans la langue de Molière. Pourquoi vierge me direz vous? Tout simplement car c'est une vierge qui indiqua la source aux soldats romains. Ce canal fut endommagé au fil du temps et les papes décidèrent de le réparer, Nicolas V le premier puis Urbain VIII. Finalement, c'est sous Clément XII que s'achevèrent les travaux et le canal prenait fin dans cette fontaine signée Nicolas Salvi.

 

Cette fontaine est monumentale car tout d'abord Clément XII souhaita qu'on lui donne les dimensions du palais contre lequel elle fut adossée. Vous imaginez la démesure. Ensuite, dans la continuité de la Renaissance qui redécouvrait l'Antiquité, on lui donna l'allure d'un arc de triomphe, non pas dédié aux empereurs mais bel et bien à Rome. L'Antiquité permit au dieu de la mer Neptune de prendre la place de figure centrale de cet édifice. Il incarne l'Océan et les eaux de la fontaine se déversent tel un torrent déchaîné sous les pouvoirs sans limites du dieu. Les sculptures sont typiques de l'art baroque, en mouvement, triomphantes et nerveuses comme un pied de nez à la sobriété du mouvement protestant dont la papauté s'arrachait les cheveux pour l'éradiquer, en vain. Qui dit art baroque dit théâtralité. Le dieu est ici tiré par des chevaux marins sur un char et de deux tritons tentant tant bien que mal de les dresser. Comme au théâtre, le décor est planté: un arc de triomphe et une niche où celui qu'on appelait jadis Poséidon trouva refuge.

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La fontaine de Trévi est aujourd'hui un lieu immortalisé dans l'imaginaire des touristes. Immortalisé d'abord par le cinéma, celui de Fellini qui pour les besoins de son film La Dolce Vita, y fait se baigner l'actrice Anita Ekberg en robe du soir. Ensuite, toujours les mêmes gestes répétés par des millions de touristes: le jet de deux pièces de monnaie tournant le dos à la fontaine: une pour revenir à Rome, une autre pour que l'un de nos voeux se réalisent. Le voyage en vaut donc la peine.