"Le Guide vert", "Le guide du routard", "Evasion", "Le petit futé", "Le guide voir", "Lonely planet", "National geographic" ... Sur les étalages, les collections  de guide de voyage s'entassent, se concurrencent prêtes à tout pour remporter la bataille économique de ce marché du livre très lucratif. Sur mes 3 premiers articles de cette catégorie, j'ai déjà fait la critique de 2 de ses collections ('"Evasion" et le "Guide vert") mais "Jamais sans mon guide" n'analyse pas que les guides de voyage un par un. Parfois, je m'arrête sur un point qui les rassemble tous. Ce petit à propos pourrait être servi en guise d'introduction. Problématique du jour: "A l'heure de l'invasion Internet qui presse nos cervaux comme des citrons sous morphine, les guides de voyage ne sont-ils pas aussi has been que Régine?"

Développons une pensée philosophique à travers un plan en 3 parties: un oui, un non et un oui/non

 

1) Oui, Internet c'est trop cool

A l'heure où la TVA sur les livres a fait gonfler leurs prix comme du collagène dans les lèvres d'Amanda Lear et où votre connexion internet est illimitée, les guides de voyage apparaissent tout à fait has been, bientôt requalifiés de disonaures du voyage. En effet, pourquoi payer un bouquin à entre 10 et 25 euros, voire 30 pour certains guides quand on peut tout préparer soi même? En plus, les guides de voyage ont cette mauvaise manie de nous préparer notre voyage à l'avance. Avec Internet, on construit tout. De nombreux sites Internet se chargent aujourd'hui de vous mener vers les plus beaux coins. Quant à l'encombrement de ces piles entassées sur la bibliothèque, à l'heure de la dématérialisation, soufflons sur ces gros bouquins qui en plus prennent trop de place dans nos sacs. L'avoir toujours avec soi, les yeux rivés sur lui car le guide a un pouvoir hypnotique qui nous empêche au final de nous imprégner des lieux, procure une dépendance gênante alors qu'on voudrait s'en détacher. Alors, on se le passe d'amis en amis qui nous lisent les explications souvent compliquées et inadaptées pour les novices que nous sommes.  De plus au moment où les relations sociales se sont délitées et distanciées, de plus en plus de touristes se métamorphosent en traveller et préfèrent apprendre au contact des gens plutôt que sur du papier. A l'heure du développement du couch surfing et des greeters, les guides de voyage deviennet désuets. Un entretien sur Internet pour dormir dans le sofa d'un étranger ou parcourir la ville avec un autochtone qui en sait long sur son  quartier et ses petits secrets sont des concepts qui aujourd'hui marchent du tonerre. On fera toujours plus confiance aux gens qu'à leurs écrits surtout que certains sites sont vantés pour on ne sait quelle raison. 

2) Non, jamais sans mon guide

Certes, Internet est certainement tip top cool mais il participe entièrement à la dématérialisation de l'économie et le secteur touristique en pâtit aussi. Nous n'avons qu'à prendre l'exemple de la chute libre des achats de souvenirs touristiques remplacés par les photos numériques qu'on poste sur Facebook et qui constituent des souvenirs en soi et certainement plus intimes. Je pense donc que la mort du guide touristique tue l'emploi dans cette branche. Cependant, dans notre société individualiste, ce genre d'argument n'émeut plus et je vais en dégainer d'autres. Contrairement à Internet, le guide est permanent et ne vous lâche jamais tandis que vous n'avez pas toujours Internet sur vous et interdiction de s'y connecter via le portable quand on est à l'étranger. C'est votre opérateur téléphonique qui s'en essuierait les mains tout fier de brandir sa facture. Internet en préparation, pourquoi pas? Mais comme complément au guide. Car le guide est sérieux quand les on dit sur les forums demandent vérification constante. Sur place, si la visite dure moins longtemps que prévu, le guide vous permet amplement de prolonger votre journée et vous incite à vous arrêter dans de petits chemins que vous n'auriez jamais soupçonné et que vous voyez d'un oeil différent. De plus, idées de resto et bonnes adresses sont souvent savamment sélectionnées, même si parfois un peu cher. Pour terminer, le guide permet de garder un lien avec le pays d'où on vient. C'est un peu notre gri gri qui rassure dans des endroits qui peuvent nous apparaître hostiles à certains moments. Sans guide, c'est aussi s'arrêter à la surface quand ceux-ci vous permettent de vous enfoncer dans les entrailles des villes ou des paysages. Le guide, c'est un peu notre Jiminy Crickett qui a réponse à tout même dans les moments les plus difficiles. L'ami auquel on n'aurait jamais pensé.

3) Oui et non, les alternatives

C'est aujourd'hui Lonely planet qui s'adapte au marché, en tout cas, c'est l'exemple que je connais. Attendez vous à la révolution du guide touristique grâce à l'ipad, nouvelle technologie que mes doigts ne se sont toujours pas risqués à expérimenter.

iPad devices

Pas si bête, ce n'est pas tout le guide qui se retrouve affiché sur la tablette mais elle vous permet de voguer de cartes en cartes pour vous repérer sur place lorsque vous êtes à l'étranger. En prime, quelques reviews et quelques phrases pour vous aider à dialoguer avec les autochtones. Ca tend à se développer mais je suis un vieux de la vieille malgré mon jeune âge (qui restera un secret) qui voue encore un culte aux gourous du voyage.