C'est par ce portail en fer forgé et où le nom du propriétaire est gravé sur de l'or que nous pénétrons dans l'une des demeures les plus attractives de la promenade des anglais. Vous l'aurez compris, Nice est le fief de la haute aristocratie depuis plus d'un siècle. Soleil qui semble ne jamais vouloir partir, odeurs méditerranéennes, concert de cigales l'été doivent y être pour quelque chose. A la Belle Epoque, celle qui s'étend de la fin du XIX e siècle au début de la Première guerre mondiale, un parfum de tranquillité semble régner sur l'Europe et les grands bourgeois aiment se retrouver dans leurs lieux favoris. Pour la Côte d'Azur, Nice et Cannes sont choyées. C'est un prince, Victore d'Essling (1836-1910), petit fils d'un gars du pays, le Niçois André Masséna, qui rend ses lettres de noblesse si particuliers en la hissant au rang de résidence d'hiver. Durant cette période, la Côte d'Azur était appréciée l'hiver et le tourisme d'été était peu développé. Les hivernants se pressent à Nice. Le fils de Victor, André (1891 - 1947) décide tout simplement de léguer cet héritage familial à la ville de Nice sous deux conditions: les jardins doivent être rendus publics et la villa doit se transformer en musée. Nice a tenu ses promesses et le musée est même gratuit.

Ville verte jusqu'au bout des feuilles


Avec la villa Masséna, Nice s'inscrit encore dans cette tradition azuréenne. Le style néo classique (on reprend au XIX e siècle les codes de la grandeur artistique de Louis XIV) se veut harmonieux: lignes droites, éloge de la symétrie. C'est d'une autre villa que s'inspire la villa Masséna, celle de la villa Rothschild de Cannes tout en conservant un caractère italianisant. Les villes de Provence se concurrencent pour mieux se copier toujours en lorgnant sur le voisin à l'indépendance nouvellement acquise à l'époque. Les palmiers et les différents arbustes sont plantés pour embellir le lieu d'une atmosphère exotique. Touriste, nous nous mettons à rêver à une vie plus oisive.

Je vous incite vivement à visiter l'intérieur, d'autant plus que la visite est gratuite. Vous verrez les beaux appartements que vous ne pourrez jamais acquérir. Ce qui vaut pourtant vraiment le coup, c'est ce mini musée qui montre comment peu à peu l'aristocratie a moulé Nice à sa façon avec des affiches de tourisme qui prouvent qu'on passe peu à peu d'un tourisme hivernal à un tourisme estival, des arrêtés municipaux, des publicités pour le carnaval... C'est à cette Belle Epoque que Nice a pris le plus de caractère.

Pour de plus amples informations, la page Facebook du musée: https://www.facebook.com/pages/Mus%C3%A9e-Mass%C3%A9na/53778147630?fref=ts