Depuis que ma soeur s'est liée d'amour avec mon beau beau frère, je la trouve heureuse, épanouie ... mais surtout quand on part en voyage, nous n'avons plus de problèmes d'orientation. Il est un véritable dieu lorsqu'il s'agit de retrouver son chemin. Pourtant, il y eut un avant. Moi et ma soeur sommes liés par le sang du non repérage des lieux. Aujourd'hui, on préfère conseiller. Petit tour d'horizon de nos mésaventures d'antan qui semblent aujourd'hui révolues.

5) Rejoindre l'aéroport de Naples

Partir en voyage professionnel avec une collègue dodue et pas forcément toujours aimable en voiture n'est pas sans stress. Et moi quand je stresse, je conduis n'importe comment (parfois sans stresser d'ailleurs). Je revivais avec cette collègue les moments tant indésirés de mes leçons de conduite avec ma monitrice à la voix nasillarde et aux cris perçants. Sauf qu'à Naples, c'était assez délicat. Je ratais les sorties, que parfois elle m'indiquait, parfois elle ne m'indiquait pas. C'était une sorte de test farouchement mal venu. Résultat, on a traversé tous le centre ville de Naples bien cra cra avec ses routes à pavés et ses conducteurs fous. Non le cliché du fou du volant italien n'est pas qu'un mythe. On a tourné, tourné alors qu'elle voyait qu'elle connaissait la route. On devait encore laver la voiture au passage pour la rendre à la compagnie: une twingo rose. Finalement, sur le fil, quelques 10 minutes avant, nous étions à l'aéroport pour terminer ce voyage pourri. Le pire, c'est que lorsqu'on revenait, une musique de Katy Perry arrivait à point nommé pour me soulager à la radio ("Part of me" il me semble) et là elle éteint. Voyage pourri jusqu'au bout.

4) Saleté de français

J'avai décidé, je prenais les choses en main pour emmener ma Muttiline au restaurant qu'elle avait sélectionné dans son Lonely planet à Berlin. Après avoir fait un détour dans le quartier des prostituées et avoir vu une de ces dames dire à un monsieur bien gêné avec ses amis "Tu me reconnais?", nous nous écartions de cette rue de luxure. Je rappelle que la prostitution est légalisée en Allemagne, ce qui a ouvert un débat au sein du pays qui n'est toujours pas refermé. Nous nous avancions donc à une cadence dynamique vers ce resto où Muttiline m'avait fait la promesse qu'il y avait des pommes de terre (j'adore les patates). J'allais tourner dans la bonne rue jusqu'à ce qu'un français qui soit disant connaissait la ville choppe notre conversation et nous annonce que nous nous dirigeons sur le mauvais chemin. On a tourné et tourné pour s'apercevoir qu'à l'origine nous étions sur le bon chemin et qu'il nous avait raconté des bobards. Heureusement, le resto était délicieux.

3) C'était juste derrière nous

Avec mon ex meilleure amie, ce fut la découverte de la ville de mon coeur: Barcelone. Après avoir passé une demi journée à trouver notre hôtel, nos problèmes d'orientation ne s'arrêtèrent pas en si bon chemin. En effet, elle avait choisi d'accéder au parc d'Horta, fabuleux oasis vert en retrait de la ville qui n'apparaît pas dans les guides. Lu la semaine avant de partir, nous sommes sortis comme prévu à l'arrêt de métro de l'Université qui dispense ses cours en catalan. Là aussi on a fait le tour et on a cherché partout pour ne jamais trouvé ce parc. A la fin de l'allée, nous décidâmes de revenir sur nos pas. Revenant un an plus tard, nous découvrions que le parc était juste derrière l'endroit où nous nous étions arrêtés. Il suffisait juste de tourner à gauche.

2) Aller en avant pour aller en arrière

Mon beau beau frère n'était alors pas encore dans ma vie ni dans celle de ma soeur à l'époque où nous avons voyagé à Rome. Nous trépignions d'impatience de visiter les Thermes de Caracalla érigés par celui qui donna la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire. Nous sortions du métro et décidions d'aller tout droit voyant de vieilles ruines qui par la suite se sont avérées être celles du Palatin. Pendant une heure nous avons marché pour nous apercevoir que ces ruines tant désirées étaient juste derrière l'arrêt de métro et non pas devant. Résultat: la visite des thermes s'est faite en 30 minutes chronomètre en main.

1) L'opéra fantôme

Maria Callas y a poussé ses plus beaux cris, il s'agit bien sur de la Scala de Milan. Assis sur la place où trônait une statue du maître Léonard de Vinci, nous avions cette idée en tête de trouver à tout prix la Scala de Milan, monument phare de la ville. On prend une allée, on longe le quadrilatère d'or. Une heure et toujours rien comme si cet opéra était un spectre qui ne se montrait qu'à certains moments de l'année. Revenant avec ma Muttiline sur la place d'origine, prêts à abandonner, j'ai levé les yeux et j'aperçois sur le bâtiment en face de nous les lettres suivantes: SCALA. Ne pas voir un monument qui est en face de nous depuis une heure: fait.