Bâti en plein coeur de Florence (je pense que vous aurez compris à quel point j'affectionne cette ville), le palazzo Vecchio frappe de terreur toute république qui à l'époque voulait s'en prendre à la ville des arts. Surmonté d'un beffroi faisant office de tour de guet, il incarne la puissance de Florence et montre qu'ici ce ne sont pas les seigneurs mais bien les banquiers et les marchands qui gouvernent ou tout du moins gouvernaient.

La façade épurée ne présage pas le côté fastueux et raffiné de l'intérieur. Et pourtant, nous sommes à l'époque de la Renaissance, une période où se développe avec encore plus de grandeur la culture de cour. Côme Ier, un Médicis bien évidemment, décide de donner une touche raffinée pour attirer les plus grands dans son palais. Il fait donc appel aux services de Giorgio Vasari, celui là même qui s'est fait le biographe des plus grands peintres de la Renaissance (Raphaël, Michel Ange, Léonard de Vinci, Donatello ...), qui conçoit de superbes décors dans un style flamboyant.

Au milieu de tout ce decorum, une salle retient plus notre attention que toutes les autres: la salle des Cinq cents, immense, peinte par Vasari et plusieurs de ses élèves. Cette salle a vu s'affronter en combat singulier les deux plus grands gladiateurs de l'art sur deux pans de murs opposés: d'un côté l'acariatre talentueux Michel Ange et de l'autre le génie insatisfait Léonard de Vinci. Ces deux là étaient ennemis héréditaires. Michel Ange aura laissé au palais un ensemble sculpté tandis que Léonard de Vinci n'aura bien sur pas achever son oeuvre comme à son habitude. Des recherches au rayon laser tentent de montrer qu'une de ses oeuvres se cache derrière une peinture de Vasari. Mais il y a eu une violente opposition pour ne pas détruire les peintures de Vasari. Le mystère Léonard demeure encore et toujours.

Enfin, vous ressortirez par une cour des plus stylisées avec des peintures murales et des colonnes travaillées. C'est la Renaissance, quoi.