S'il est une ville impériale au XIX e siècle, il s'agit bien de Vienne. Vienne s'est toujours sentie une âme royale et arrogante qui a fait surgir de terres des bâtiments ô combien fastueux. Cest aussi les valses, tantôt avec Sissi, tantôt Marine Le Pen et les néo nazis. Mais peu importe! La Hofburg, c'est le style même de la classe à la viennoise. Petit tour des propriétaires.

Nous entrons ici par une façade en hémicycle où blasons, statues colossales et parfois sourire ravageur de Georges Clooney nous accueille. Une porte bien gardée pour une résidence privée: celle des Habsbourg, cette famille qui a étendu un empire aux quatre coins du monde avant de s'amenuiser petit à petit. A l'époque, le nom d'une impératrice impétueuse, sauvage et indépendante est sur toutes les lèvres: Sissi. Une chevelure parfaite, une taille de guêpe immortalisée par Romy Schneider dans un classique qui tire au nanard pour moi, méli mélo de romance outrancière. On n'oublie pas son mari, François Joseph, accessoirement son cousin, éperdumment amoureux de son épouse qui elle préférait fuir le plus possible cette ville des protocoles.

 

J'ai été assez époustoufflé par la visite de ce palais. Bien sûr, par les décors, les murs sur fond rouge, le tatônnement entre baroque et rococo mais aussi et surtout par la visite en elle-même. Il y a toute une partie consacrée à la vaisselle et à la façon de manger à l'époque. Ca ne semble pas passionnant de prime abord mais l'audio guide est vachement bien conçu. Et il y a cette admirable musée sur Sissi entre histoire et mémoire qui décortique un mythe trop longtemps entretenu par le cinéma. Ainsi, on apprend que Sissi a perdu son fils très jeune qui s'est suicidé à cause d'elle et on voit la marque du deuil dans ses vêtements. On apprend aussi comment est perpétuée sa mémoire, son lien avec la Hongrie, son assassinat en Suisse. La Hofburg est donc le meilleur endroit pour appréhender le personnage de Sissi. Quittez vos films pour un semblant de réalité!