Attention à ne pas louper. Je dis ça parce que ce village est vraiment tout petit (quoique Mimi Mathy est bien petite et elle on arrive pas à la louper si on va sur TF1). 115 habitants, 115 pauvres malheureuses âmes perdues en pleine montagne, livrées à la nature et qui continuent à faire vivre ce village médiéval. Au temps du Moyen Age, sans contestation, un temps où les seigneurs défrichaient les forêts et accueillaient les paysans qui cherchaient du travail pour aller moissonner leurs champs. Les seigneurs restaient eux paisiblement dans leur château une bonne bière à la main à regarder la téloche (j'ai comme une impression d'anachronisme). De petites ruelles vous emmènent ici au château et c'est assez magique de pénétrer dans ces villages vides mais paisibles. Ici, notre solitude nous rassure plus qu'elle nous opresse. Comme si la nature qui nous entoure nous avait promis de veiller sur nous. Nous arrivons au château fort bien sûr perché, ici à plus de 1000 mètres d'altitude, au cas où les chevaliers d'un ennemi viendraient caillasser la populasse. Ah ces chevaliers alors que l'Eglise fait tout pour les envoyer en croisade. Pourtant, l'ennemi est parmi nous à Bargème mais cet ennemi est intérieur et le village suffoque avec les histoires d'assassinat. Jean Baptiste de Pontevès était un JR avant l'heure en un peu plus vieux. Ce seigneur venait de fêter ses 90 ans, un âge très avancé pour l'époque, une Jeanne Calment du Moyen Age si vous voulez. Mais comme JR il était impitoyable et ses habitants ont tout simplement décidé de l'assassiner en 1579. Puis le lignage continue et le petit fils finit par reprendre les rennes du village. Tel père, tel petit fils. Cet Antoine qui avait décidé de son retour au château fut assassiné, poignardé dans le dos au pied de l'autel de l'église un jour de messe en 1595. Paix à leur âme. Aujourd'hui Bargème est paisible et ne semble pas hanté par les fantômes de Jean et Antoine. Pourtant, leur oeuvre continue à travers les ruines du château et le long des remparts, une vue magnifique s'offre à vous. Profitez de ces lieux, ici, on a le droit de piétiner les morts. Et en plus, je me suis foutu de vous car au XVI e siècle, ce n'est déjà plus le Moyen Age. Et si vous voulez prier pour ces pauvres seigneurs, une chapelle a été érigée. Bonnes prières!

Les ruelles de Bargème

Un château haut perché